Letteratura e nuovi mass media in Italia (1970-2007)

LITTÉRATURE ET NOUVEAUX MASS-MÉDIAS EN ITALIE (1970-2007)
Colloque des 29 et 30 novembre 2007 – université Stendhal-Grenoble 3 (France)

Les quarante dernières années ont vu les moyens de communication subir des changements décisifs, avec l’irruption de vecteurs nouveaux, qui ont pris une place grandissante dans la réalité quotidienne. Dans les années 50, la télévision commence à entrer dans les foyers européens, mais ce n’est qu’à partir des années 70 qu’elle devient l’incontournable instrument de communication et d’information de masse qu’on connaît aujourd’hui – où information doit aussi s’entendre dans son acception moins banale. Plus récemment, le développement d’internet et l’essor de la téléphonie mobile ont marqué une nouvelle étape de ce qu’on peut considérer comme une rupture au moins aussi décisive, sinon davantage, que celle que détermina l’invention de l’imprimerie.

La société italienne est un miroir singulièrement réfléchissant de ces questions. La télévision y a fait, plus que dans d’autres pays d’Europe, l’objet de tensions et d’enjeux politiques. On peut dire, d’une part, que c’est la télévision qui a pris en charge l’achèvement de l’unification du pays, avec pour conséquence un risque d’« homologation » linguistique et idéologique très tôt dénoncé par Pasolini. D’autre part, la télévision privée s’est taillé dès les années 70 une part notable du « marché », banalisant la connivence entre sphère politique, marchandise et spectacle ; le soudain succès électoral d’un magnat des médias – première fortune privée du pays, patron de grands groupes de presse, de plusieurs des plus importantes maisons d’édition italiennes, et des trois chaînes à diffusion nationale, représentant près de la moitié de l’audience – en a été un symptôme et un symbole manifestes, et il ne se comprend pas sans tenir compte de la prégnance de la télévision dans le façonnement de l’opinion publique.

Sur un plan théorique général, et à considérer l’Italie en particulier, on est fondé à supposer que les modes et les codes de représentation du monde ont été profondément affectés par l’irruption de la télévision et autres mass-médias récents, qu’on se situe à l’échelle de l’individu ou de la collectivité, qu’on soit citoyen ordinaire ou homme public, qu’on aborde la question du point de vue de la psychologie ou de celui de la sociologie. Le statut même de l’écrivain en a vraisemblablement été changé : l’écrivain se trouve souvent confronté (ne serait-ce que par l’intermédiaire ou la volonté de son éditeur) à l’emprise des nouveaux mass-médias (notamment la télévision et internet) pour tout ce qui touche à son image publique et à la visibilité de son travail, et les critères qui président à l’attribution publique du nom d’écrivain ont été en partie redéfinis.

Le colloque se proposera d’examiner les divers avatars de la rencontre entre littérature narrative et mass-médias. À partir des romans et des nouvelles de la période, on s’attachera en particulier aux questions suivantes : comment la littérature rend-elle compte de ces révolutions ? Comment enregistre-t-elle le passage à l’ère de la communication de masse ? Comment ce medium « ancien » se situe-t-il par rapport aux nouveaux venus ? Y a-t-il, par exemple, une « querelle des valeurs », une complémentarité reconnue, la perception d’une menace sur la survie même de la littérature ? Et inversement : comment ces changements infléchissent-ils la littérature, non seulement dans ses thèmes, ses situations, ses personnages, mais aussi dans ses procédés langagiers ou ses conventions narratives ? Est-il possible de repérer des tendances ou des modes littéraires qui ne pourraient se comprendre que comme épiphénomènes de la domination d’autres medias ? Les « émissions littéraires » ont-elles une incidence sur l’évolution de la littérature ? Internet serait-il, même, une nouvelle fabrique de la littérature, ou une fabrique d’une littérature nouvelle ?

Les propositions de communication seront envoyées à christophe.mileschi@wanadoo.fr à l.scotto@wanadoo.fr et à Habiba.Naili@u-grenoble3.fr (ou par la poste : Habiba Naïli, UFR LLCE, Secrétariat Recherche, Université Stendhal-Grenoble 3, BP 25, 38040 Grenoble cedex 9) de façon à parvenir au plus tard le 15 mai 2007. Le comité scientifique répondra avant fin juin.

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